PHALSBOURG

 

 

Entre 1680 et 1691, le ministre de Louis XIV, LOUVOIS, autorisa deux familles juives à s'installer à Phalsbourg. On en compta quatre en 1702, huit en 1747 et douze en 1770. A plusieurs reprises, elles furent menacées d'expulsion.

Deux juifs obtinrent une patente en 1766, et ce droit de patente fut ratifié par le Conseil d'Etat.

La synagogue fut érigé en 1772, reconstruite en 1857 et inaugurée le 10 septembre 1857.

Une pierre en grès d'environ un mètre de longueur, encastrée dans le mur oriental de la synagogue actuelle de Phalsbourg, au dessus de l'escalier qui mène à la chaire d'où le rabbin faisait des sermons, porte l'inscription suivante : " Que ce lieu est redoutable ! Accueille avec miséricorde et bienveillance nos prières ". L'an 532 du petit comput.

Le cimetière date de 1796.

De 1807 jusqu'à 1920 environ, Phalsbourg fut le siège du Rabbinat qui desservait aussi les communautés voisines de Sarrebourg, Mittelbronn, Lixheim, Schalbach, Bourscheid et Metting.

Les rabbins de l'époque furent :
·Mayer HEYMANN (1827 -1837)
·Isidor LAZARE (1837 - 1847)

ERCKMANN-CHATRIAN se sont inspirés du Rabbin Heymann pour écrire leur roman "L'Ami Fritz".

Isidor LAZARE devint Grand Rabbin de France.

Depuis la fin du 19ème siècle, la population juive diminua de 159 en 1880, à 89 en 1931, à 48 en 1970.

Durant la deuxième guerre mondiale, neuf membres de la communauté moururent en déportation et deux furent fusillés.

Sont issues de cette communauté de nombreuses personnalités illustres :
·Dans le monde littéraire : les deux frère CALMANN-LEVY, éditeurs
·Dans le monde financier : familles WEILL et LAZARD
·Dans le monde éducatif : Mademoiselle Mathilde SALOMON, Directrice du collège Sévigné, 1ère femme de France à être décorée de la croix de chevalier de la Légion d'Honneur.

Aujourd'hui, le culte n'est plus pratiqué à Phalsbourg car le myniane (quorum nécessaire de 10 hommes de plus de 13 ans) n'existe plus.

Antoine SCHRUB